Actualités 2017

Visite de Barbara POMPILI à Besançon pour l'Agence Régionale de la Biodiversité

 
 
Visite de Barbara POMPILI à Besançon pour l'Agence Régionale de la Biodiversité

Barbara Pompili a souligné l'intérêt des différents acteurs de la région pour la biodiversité dans son discours.

Le Discours de Mme POMPILI:

"Je me réjouis à double titre d'être présente avec vous ce matin.

 D'abord, parce que ce n'est pas la première  fois que j'ai l'occasion de me rendre dans votre belle région, et ici,à Besançon.

 J'avais déjà constaté, en octobre  dernier, à quel point  de nombreux acteurs de votre territoire ont conscience de l'importance des enjeux autour de la biodiversité.  Cette conscience est partagée et  fait  ici l'objet de la mobilisation de beaucoup, au premier  rang desquels le conseil régional, mais aussi les autres collectivités et de nombreuses associations.  Cette reconnaissance dont je   veux   témoigner en débutant mon propos,n'est pas une formule de politesse :croyez-moi, l'engagement  dont  vous témoignez  n'est pas partout  partagé aussi fortement, avec autant de volontarisme.

C'est pourquoi je ne suis pas surprise de voir la Bourgogne Franche­ Comté parmi les premières régions à se mobiliser pour mener à bien une belle ambition : celle qui doit aboutir à la création d'une agence régionale pour la biodiversité.

 Mon  deuxième motif  de satisfaction, mesdames et messieurs, c'est celui de voir se concrétiser sur le terrain, portées par les acteurs des territoires, des opportunités  ouvertes par un travail législatif conduit tout   au long  du  quinquennat   qui  s'achève, et dont  j'ai eu  la responsabilité de porter l'aboutissement : je veux bien entendu parler de la loi du 8 août 2016 sur la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages.

 Permettre  aux acteurs  de  se saisir des dispositions  de  cette  loi supposait que l'Etat joue son rôle, et que le gouvernement travaille à ses textes d'application : c'est en grande partie chose faite.

La loi biodiversité, ce ne sont pas seulement 175 articles ,ce sont aussi 35 décrets, dont un tiers est déjà publié, un tiers sortira du Conseil d'Etat dans les 2 à 3 prochaines semaines, et le reste je l'espère avant la fin de la mandature.

En ce qui concerne spécifiquement  l'Agence française pour la biodiversité, l'engagement que j'avais pris avec Ségolène Royal,est tenu : l'AFB est opérationnelle depuis le 1er janvier,comme prévu.E

Elle  constitue   le  principal   opérateur   de  l'Etat   en  matière   de biodiversité. Pour faire simple, elle doit être à la biodiversité ce que l'ADEMEagence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie  est  aux  politiques   d'économie   d'énergie   et  de développement des énergies renouvelables, d'économie circulaire et de réduction des déchets.

Cette agence,je le rappelle,n'est pas un organisme de plus : c'est une optimisation de l'existant, qui doit  permettre de développer  de nouveaux services et mener de nouvelles actions à la hauteur des défis.

La fusion de l'agence des aires marines protégées, de I'ONEMAOffice national de l'eau et des milieux aquatiques, de l'établissement  public  Parcs Nationaux  de  France et  de  l'Atelier technique  des espaces naturels, et  le rattachement  des parcs nationaux  à  la nouvelle  agence, vont  permettre  de mettre  de la transversalité, de développer de nouvelles actions et de renforcer l'efficacité de nos politiques publiques en faveur de la biodiversité.

 L'AFB, ce sont  aussi des  moyens humains  en plus puisque  le gouvernement, dans un contexte budgétaire contraint  a créé cette année 50 ETP en plus, dont  plus de la moitié  pour  renforcer  les équipes des parcs naturels marins.

Avec Ségolène Royal,en présence du président d'honneur de l'Agence, Hubert Reeves, j'ai installé le premier conseil d'administration le 19 janvier. Philippe Martin,le précédent ministre  de l'environnement, en est désormais le président.

 L'AFB est aujourd'hui dotée d'un  budget initial de 224 M€, et elle pourra mobiliser  20M€ supplémentaires,que  nous avons préservés dans son fonds de roulement,  pour  accroÎtre les  actions de reconquête de la biodiversité. Le conseil d'administration s'est réuni une seconde fois la semaine dernière,et se réunira à nouveau fin mars, pour lancer de nouvelles initiatives en faveur de la biodiversité.

C'est cette concrétisation de l'AFB qui permet d'enclencher une autre dynamique, tout aussi importante, car elle lui sera complémentaire : celle des agences régionales.

L'engagement   de   votre   région   en   ce  sens  se  manifeste   par l'organisation du  séminaire  d'aujourd'hui. Un séminaire  de travail largement ouvert, associant partenaires et acteurs concernés,qui doit vous permettre d'approfondir le projet  et  programmer sa mise en œuvre.

Je me félicite de l'implication des services et établissements de l'Etat relevant du ministère chargé de l'environnement dans l'accompagnement de cette démarche   : I'AFB bien sûr, mais également la DREALdirection régionale de l'environnement de l'aménagement et du logement, les agences de l'eau, I'ONCFSOffice national de la chasse et de la faune sauvage.Et je veux saluer la présence, à ce séminaire, de tant  d'acteurs différents: c'est la diversité de vos expériences,de vos compétences, de vos points  de vue - au sens premier du terme - qui fera la force de nos politiques de biodiversité.

Vous êtes ici,ce matin,pour dire vos attentes,mais aussi pour déclarer ce que vous êtes prêts à partager, à mettre en commun.Je ne veux pas faire durer   inutilement cette introduction,  car  l'essentiel porte aujourd'hui dans vos échanges. Mais permettez-moi de souligner deux dimensions essentielles à mes yeux sur le sens des agences régionales de la biodiversité :

  • -Le premier  point  sur lequel je souhaite insister, c'est la prise de conscience par  la  société des enjeux  de la  biodiversité.  C'est la montée de la prise de conscience des opportunités qu'il y a pour nos territoires, notre économie, notre qualité de vie, non seulement de s'en préoccuper, mais surtout de s'en occuper.

Nous  observons  une  accélération  sans précédent  du  rythme  de dégradation des écosystèmes et de disparition  des espèces. Nous connaissons les 5 facteurs de perte  de biodiversité, tous  liés aux activités  humaines :  artificialisation   des  sols, surexploitation  des ressources naturelles, pollutions, espèces exotiques envahissantes liées à  la mondialisation  des échanges, réchauffement  climatique. Nous connaissons de mieux en mieux les innombrables services rendus par la biodiversité, comme  l'épuration  de l'eau; l'atténuation des crues ;la fertilité  des sols ; la  pollinisation ;mais aussi le tourisme et l'agriculture....    Nous     sommes ainsi conscients des bénéfices économiques apportés par la biodiversité.  Et nous sommes de plus en plus  imaginatifs   pour  développer   des  emplois   grâce  à   la biodiversité. De tout cela,les Français sont de plus en plus conscients. Et  le  rôle  des  responsables  politiques,  c'est de  transformer  la conscience en actions.

Cela passe par la mobilisation de l'Etat, et ce gouvernement n'a pas créé un secrétariat d'Etat chargé de la biodiversité  par hasard, le Parlement n'a pas mené à son terme le grand chantier de la loipour la reconquête de la biodiversité,de la nature et des paysages par hasard : c'est parce que les questions de biodiversité deviennent un enjeu de société majeur. Une politique forte de biodiversité est donc indispensable.

Mais celle-ci ne sera efficace que si l'ensemble de la société s'y engage. Car préserver  et  bien  gérer  la  biodiversité  - qui  est  un   enjeu planétaire- est aussi une question locale et de proximité. Chacun a donc à prendre sa part. A cette fin,l'objectif prioritaire est d'expliquer, de convaincre, pour assurer une forte  appropriation  non pas seulement des enjeux, qui commencent à être connus et que l'AFB, par sa politique de communication, s'attachera à rendre encore plus visibles et compréhensibles,mais des solutions, qui, elles, demeurent trop souvent méconnues.

J'ai lancé en octobre dernier l'opération« Biodiversité en action», qui permet  aux porteurs  d'action  de voir  leurs réalisations reconnues, labellisées et valorisées : plus de 200 actions ont été enregistrées sur la  plateforme internet  depuis  son  lancement, réparties  en trois thèmes  : nature  en ville, éducation  à  la  nature, biodiversité  et activités économiques.

Peut-être certains organismes présents aujourd'hui ont-ils recensé leurs propres actions. Peut-être des actions référencées ne sont pas représentées aujourd'hui par leurs porteurs de projets.

Je ne saurais que vous inciter à référencer vos actions, et à consulter le vivier des actions référencées si vous ne l'avez déjà fait : parce que l'objectif  est non seulement de donner de la visibilité à ces actions, mais aussi de favoriser les échanges entre porteurs de projets, pour passer   à  la  vitesse  supérieure  et développer,  via  les  échanges d'expériences et de savoir-faire,des synergies qui permettront d'aller plus loin dans les solutions mises en œuvre par tant d'acteurs pour répondre au défi de la biodiversité.

  • -Le deuxième point  sur lequel je souhaite insister, c'est que ces solutions viendront des territoires. L'Etat fixe un cadre législatif,des règles pratiques,des principes généraux, mais rien ne pourra se faire sans appropriation  locale des enjeux et sans la mobilisation  des acteurs de terrain.

C'est pourquoi la loi a proposé un outil simple, adaptable à chaque situation, à la réalité de chaque territoire : c'est,précisément,l'ARSAgence Régionale de Santé. Dans les territoires, les régions ont  désormais des responsabilités accrues en matière de biodiversité. Eh bien, l'ARB, c'est la Région et I'AFB quis'associent et appellent tous les autres acteurs à progresser ensemble. l'ARB,  c'est l'organisation de la mobilisation territoriale, animée conjointement par la région et l'AFB. Tout est donc ouvert, en termes de structuration, d'organisation, d'objectif. Mais la condition du succès, c'est l'adhésion à la démarche, c'est la compréhension partagée des enjeux, c'est  la volonté  de construire  ensemble les solutions.

J'insiste sur le caractère novateur de cette démarche, dans un pays encore souvent marqué par un certain colbertisme. La loi a consacré un principe : les meilleures réponses sont entre les mains de ceux qui sont au plus près du terrain. C'est pourquoi la loi n'impose pas de modèle. Et c'est pourquoi, lorsque je me suis exprimée récemment devant les préfets,j'airappelé que l'Etat ne devra pas être directif mais réactif  et surtout proactif.

Il accompagnera les initiatives, il ne s'y substituera pas. C'est bien pourquoila question de la localisation du siège de l'ARB relève du seul choix du conseil régional- je l'avais dit à Eric Alauzet, toujours très attentif   à  la défense  des intérêts  de  Besançon, lorsqu'il  m'avait interrogée sur ce sujet.

Je me félicite de la décision- qui est la vôtre, madame la présidente­ d'installer le siège de l'ARB à Besançon. Les services de l'Etat et l'AFB prendront en compte  cette décision, et l'Etat  fera tout pour l'accompagner.

Mais par ailleurs,le travail de l'ARB se fera aussi sur le terrain, au plus près des acteurs. Il y aura nécessairement une territorialisation à définir pour que l'ensemble du territoire de la région bénéficie de ses services :Je ne doute pas que vous travaillez en ce sens.

Pour cela,  vous adoptez ici la bonne méthode celle de la concertation. Je me réjouis donc de ce séminaire,car il me semble pertinent sur le plan de la méthode.

Christophe Aubel va vous faire une présentation concrète de l'AFB. Et vous engagerez ensuite le  dialogue  qui devra vous permettre  de concrétiser la création de l'Agence pour la biodiversité de Bourgogne Franche-Comté.

Sachez que je serai très attentive à vos travaux, car ils sont très importants pour nourrir nos politiques nationales, et pour inspirer les autres régions qui sont engagées dans la démarche de création d'une agence régionale ou qui envisagent de le faire.

Vous faites  partie, en quelque  sorte, des pionniers des Agences Régionales pour la Biodiversité.

Et,rien que pour cela,merci.

Et maintenant, au travail ! Un travail qui, ici, n'est pas un début, ni un aboutissement, mais bien une étape dans une politique dont je veux une dernière fois saluer le volontarisme, et  le pragmatisme. Deux ingrédients indispensables à la réussite !"